Un film qui porte bien son nom, Insaisissables 3 est la suite — qui ne se faisait plus attendre — d’une saga commencée il y a plus d’une décennie. Il suit le parcours de trois jeunes magiciens amateurs s’efforçant de suivre un quatuor légendaire, les Quatre Chevaliers. Suite à une rencontre fortuite avec leurs héros, ils se trouvent embarqués dans une quête d’argent, de reconnaissance et, plus que tout, de justice.
Une mythologie pétrie d’audace
Comme franchise, Insaisissables a réussi à relever un défi improbable : s’imposer en tant qu’intrigue bien ficelée dans le catalogue, quelque peu restreint, des films de prestidigitation connus du grand public. Faire vivre à l’écran une histoire centrée sur la pratique de la magie n’est pas une aventure des plus aisées. Ils ont donc eu l’idée de créer un mélange de différents genres cinématographiques. Braquage, action et comédie… Des mélanges de ce type avaient déjà fait leurs preuves avec des films au résultat indiscutable, de la même manière que Mission Impossible : Protocole Fantôme et Ocean’s Eleven. Des films à succès qui échafaudent des coups extraordinaires, en se jouant des limites du possible de notre réalité, voilà les confirmations qu’une entreprise telle que la leur pourrait fonctionner auprès des spectateurs. Un des concepts clés des Insaisissables est de brouiller les frontières du vraisemblable et de sans cesse surprendre. Dans ce contexte, même si cela reste peu commun, l’ajout des codes propres à la prestidigitation est plus que bienvenu.

Un retour aux sentiers battus mais pas seulement…
Des personnalités bien trempées, un défi grandiose à relever, un méchant extravagant qui se croit tout-puissant et un allié nébuleux : un ensemble d’ingrédients qui a convaincu haut la main spectateurs et critiques à l’époque, et qui parvient à rehausser le défi 15 ans plus tard. En restant fidèle à cette recette spécifique, le choix d’introduire un tout nouveau groupe de manières quelque peu hors du commun surprend mais, finalement, permet de faire connaissance avec Arianna Greenblatt, Dominic Sessa et Justice Smith, en dehors des présences plus familières du casting original. Chacun des trois jeunes acteurs apporte un jeu qui les différencie suffisamment de leurs autres acolytes pour être intéressants et mériter leur place au sein de l’équipe. De plus, leurs qualités et défauts respectifs amènent une atmosphère de rivalité avec leurs prédécesseurs, attendue mais non moins appréciée. Les dynamiques sont entraînantes, néanmoins le grand nombre de personnages principaux se fait ressentir de temps à autre, et plombe le rythme de l’action.

L’action et les effets visuels au service de l’émotion
Ici, l’action est indissociable de l’enchevêtrement des arcs narratifs. Elle atteint des pics et des temps creux en fonction des besoins émotionnels des personnages. C’est au travers de péripéties rocambolesques que les talents de chacun nous sont présentés : tour à tour, ceux-ci les extirpent de situations semées d’obstacles. D’embûche en embûche, l’équipe distance ses poursuivants à grand renfort de stratagèmes et d’illusions grandioses. Les costumes choisis, les effets spéciaux digitaux mais aussi traditionnels, sont particulièrement remarquables, surtout au cours d’une séquence qui rappelle le film Inception (2010) de Christopher Nolan. De l’Amérique du Nord au Moyen-Orient, en passant par l’Europe de l’Ouest, leurs voyages renforcent la portée mondiale des conséquences à venir, si l’objectif n’est pas atteint. L’envergure et l’importance de la menace à contrer sont explicitement reflétées dans ce travail de production, et la variété d’éminents lieux visités se met au service de l’histoire.

Le soin apporté à la lumière, aux mouvements des caméras et à la fluidité du montage montre le plaisir que tous ont à faire ce film. Les acteurs ne sont pas en reste. Les plus jeunes ont l’air ravis de jouer auprès de leurs aînés. Les Quatre Chevaliers originaux, quant à eux, parviennent à si fidèlement revêtir leurs rôles qu’ils donnent l’impression de ne les avoir jamais quittés. De manière rafraîchissante, l’énergie indéniable ainsi engendrée ne tente en aucun cas de cacher l’ambition d’utiliser abondamment les ingrédients clés pour les longs métrages visant le succès au box-office : du grand spectacle, à la limite du réalisme, avec la plus importante portée populaire possible, et ce, sans complexe aucun.

