Critique(3)

Une journée au 79e Festival de Cannes 

À l’orée de son 80e anniversaire, le Festival international de Film de Cannes reste plus que jamais un rendez-vous à ne pas manquer. Faste, célébrité et glamour sont certes des éléments indissociables de son identité, mais ce n’est pas tout ce qu’il est.

Peu mis en avant par les sphères médiatiques, donc peu connu du grand public, Cannes Cinéphile est un programme mis en place par le Festival de Cannes, la ville elle-même et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce partenariat invite plusieurs salles disséminées un peu partout dans Cannes, comme le Cinéma Raimu ou le théâtre Alexandre III, entre autres, à projeter en entrée gratuite des films des sélections officielles. Même les hôtels prestigieux le long de La Croisette tels que Le Miramar se prennent au jeu. Être invité à passer le cordon rouge, fouler le sol de marbre, passer les grandes portes battantes pour ensuite s’installer dans un moelleux siège de velours vermeil ne s’oublie pas de sitôt.

Programmation du jeudi 21 mai 2026

Prix Découverte SONY du Court-Métrage

Grand Prix Amis Paris 

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Skinny Bottines (Romain F. Dubois)

Avec ce court-métrage canadien qui rappelle le cinéma ‘underground’ du Québec, on est plongé sans préambule dans une confrontation violente, verbale et physique, entre deux mondes qui ne sont fondamentalement pas faits pour s’entendre. Endetté jusqu’au cou, le pickpocket Dan se retrouve à devoir prendre soin de son jeune cousin pourri gâté, Pinpin, le temps d’un soir. Entre coups foireux, emmerdes et larmes, toute l’histoire s’enchaîne rapidement dans les quartiers méconnus de Montréal. Skinny Bottines est cru, vif, et ce, en grande partie grâce aux performances captivantes. En revanche, la cadence inlassable, les accents prononcés, mais surtout l’abondance d’argot peuvent en perdre plus d’un.   

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La Gradiva (Marine Atlan 2026)

Une classe de lycéens en voyage scolaire à Naples. Incipit bénin, cette aventure en terre inconnue révèle en chacun d’eux une opportunité de croissance et de meilleure connaissance de soi. Tony, le trublion du groupe qui se laisse petit à petit consumer par sa quête sur son héritage familial, en est visiblement le plus affecté. Cependant, la force du film repose, non pas sur un seul des protagonistes, mais bien sur son ensemble. Tous parviennent à fidèlement recréer l’atmosphère de jeunes adultes naviguant dans un nouvel environnement, loin de la supervision de leurs parents respectifs. Mention spéciale pour Antonia Buresi, qui joue la professeure Mme Mercier, femme indépendante et passionnée par l’histoire, mais quelque peu dépassée par les évènements et une crise de la quarantaine plus qu’éminente. Une histoire faussement simple à l’image de Pompéi, la ville ensevelie qui, à force de patience, se dévoile être aussi intrigante que ‘labyrinthiquement’ complexe 

Le soir, pour ceux qui le souhaitent, une sélection de films aux titres cultes est projetée en plein air à même la plage: Signore Signori (Pietro Germi), Les Hommes du Président (Alan Parkuta) et Mon Oncle (Jacques Tati), entre autres. Au sein d’une ville en effervescence pour deux semaines de l’année, Le Festival de Cannes, aimant à talent reconnu et ceux qui restent encore à découvrir, a su prouver son attachement à la force motrice essentielle de tout festival: le public. Après tout, que serait un spectacle sans ses spectateurs ?

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