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L’expérience “3 jours à Cannes” avec L’Écran

L’expérience “3 jours à Cannes” avec L’Écran

Le Festival de Cannes c’est un peu le genre de festival où tout le monde se dit “personne ne peut y aller à moins d’être réalisat.eur.rice, star du grand écran ou journaliste” et les gens n’ont pas totalement tort. Mais il y a possibilité de s’y rendre pour les passionné.e.s du 7ème art. 

Nous sommes deux membres de L’Écran à avoir voulu tester l’aventure de cet illustre festival. Pour cela nous avons fait une demande d’accréditation pour le programme “3 jours à Cannes”, on vous raconte le déroulé.

Déjà le stress commence plusieurs mois à l’avance pendant l’envoi des candidatures. Pour s’inscrire à ce programme c’est assez simple, vous vous connectez sur le site du festival, vous créez un compte et puis vous demandez une accréditation. Il y en a de plusieurs sortes, veillez à bien choisir celle qui vous correspond, le festival est gratuit, mais il faut payer une “participation environnementale” de 24 euros (une des nouveautés de 2021). Avec Estelle (autre illustre membre de la rédaction L’Écran) nous avons choisi le programme 3 jours à Cannes qui est ouvert aux moins de 28 ans. 

Après avoir envoyé une lettre de motivation chacune, quelques semaines plus tard nous recevons une réponse, le stress de l’attente de cette réponse fait donc place à la joie du fait qu’elle soit positive.

On allait bientôt se rendre compte que ça n’était que le début d’un dédale de complications, en particulier liées au covid (mais d’après les anciens participants ça n’est pas qu’un problème de situation sanitaire, il faut souvent être très patient au festival de Cannes).

Passée l’étape de l’accréditation acceptée, il faut encore attendre plusieurs semaines pour la programmation. Arrivées à ce moment-là on se projette, on s’imagine voir tel ou tel film, on fait des listes et on se voit déjà fouler le tapis rouge pour les premières à Cannes, mais ces premières sont soumises à un tirage au sort, alors rien n’est moins sûr.

Covid-19 oblige, cette année, en théorie, pas de files d’attente interminables avec des gens qui viennent du monde entier pour célébrer le 7ème art. Non, en 2021 c’est sur internet qu’on est en file d’attente. 48h à l’avance on peut réserver nos places sur le site de la billetterie. Enfin, “on peut réserver” pas vraiment, car même en arrivant à 7h du matin (heure d’ouverture de la billetterie en ligne) impossible d’avoir les séances que l’on veut, le site crash et on finit par se tourner vers des séances dans un grand cinéma loin du centre ville, où vers des films que l’on avait absolument pas mis dans notre liste.

Mais on garde espoir, car les tickets de dernière minute pourront peut-être nous sauver la mise…

À vrai dire oui les « last minute tickets » nous sauvent la mise, mais là aussi il faut être aux aguets et être les premier.e.s à voir qu’une place pour un film que l’on veut voir est à nouveau disponible. Alors c’est la course, dès qu’on voit le film hop on clique et on réserve ! Sinon on passe à côté des séances attendues par tout le monde.

Arrivées au festival on se presse, vite il faut aller récupérer son accréditation ! On fait la queue juste à côté du Palais des Festivals pas très longtemps et ça y est, armées du badge on peut enfin un peu souffler et aller assister aux séances réservées. 

Le grand écran de la salle du Cineum de Cannes dans laquelle j’ai pu assister à ma première séance: Woman Do Cry de Mina Mileva et Vesela Kazakova – crédit L’Ecran

Cette année il y avait plusieurs lieux qui accueillent les séances, dont le Cineum, « petit » nouveau de cette 74ème édition. Je n’y ai fait qu’une seule séance, la première. Assez confortable, la salle dans laquelle je me trouvais était grande, il y avait beaucoup d’espace pour les jambes et un son qui immerge. Cependant, c’est le seul lieu loin du centre ville et donc du Palais des Festivals, très peu pratique, on y va en bus pour un trajet de 20/25 minutes (un peu plus si il y a des bouchons), le bus se situe devant l’Hôtel de ville. Une chose très pratique pour les festivaliers, les bus sont gratuits sur présentation du pass pendant toute la durée du festival.

Pour cet événement il faut vraiment organiser son temps à la minute près, car il faut arriver entre 10 et 20 minutes au moins avant le début des séances si on ne veut pas que notre place soit donnée à quelqu’un d’autre en file de dernière minute pour combler les places vides (oui la file de dernière minute c’est encore autre chose que les « last minute tickets » réservables sur le site). Et attention si on veut une bonne place il vaut mieux arriver 30 à 40 minutes à l’avance. Parfois on sort d’une séance et on enchaîne directement avec la file d’attente pour la séance d’après, pas le temps d’aller se baigner, pas le temps d’aller manger… Pour faire court, pas le temps de se poser en dehors des salles obscures (en même temps on est là pour ça !). Alors perdre du temps dans le bus pour le Cineum c’est pas forcément la meilleure stratégie à adopter. Enfin ça c’est si vous avez une moyenne de 4 à 5 films par jour, si vous ne regardez que 2 à 3 films ça peut vous laisser du temps pour aller faire le/la touriste à Cannes. Mais à L’Écran on était là pour notre amour du septième art alors 4 à 5 films par jour, ça ne nous faisait pas peur. Autre information importante si l’on n’assiste pas à nos séances réservées et qu’on oublie de les annuler au moins 1h à l’avance on peut avoir des pénalités, par exemple la séance d’après la séance ratée qui est annulée. Estelle en a fait les frais puisqu’elle n’a pas pu assister à la projection du film de Wes Anderson, The French Dispatch. Il y a moyen de faire une réclamation au niveau du bureau des accréditations, mais il n’acceptent pas forcément de vous redonner votre ticket (Estelle n’a pas pu récupérer le sien), donc vraiment si on voit qu’on est short au niveau du temps il faut faire en sorte d’annuler au maximum 1h à l’avance.

Vous avez aussi la possibilité de faire des échanges de places avec les autres festivaliers. 

Quand on va à plusieurs au festival il n’est pas toujours possible d’assister aux séances ensemble, il faut réussir à réserver les mêmes projections ce qui n’est pas forcément le cas car chaque personne doit faire sa réservation individuellement. Pour être placé à côté c’est possible sur certaines séances qui sont en placement libre, mais certaines au Grand Théâtre Lumière ne permettent pas d’être à côté car il y a une numérotation des places. 

Pour les premières, nous avons fait des “demandes duo” avec Estelle. Pour cela il suffit d’avoir le numéro d’identifiant de la personne avec qui vous voulez réserver. Ce sont des réservations sur le site qui nous permettent de participer aux tirages aux sorts pour les premières à deux, les réponses peuvent arriver soit la veille de la séance, soit quelques heures avant (2 h avant généralement), avec Estelle nous avons été acceptées pour 2 premières le premier jour, dont l’une en soirée. Les premières en après-midi se font avec la montée des marches de l’équipe du film qui est ensuite présente dans la salle. Toutes les premières en compétition officielle se font au Grand Théâtre Lumière dans le Palais des Festivals, les autres premières types “premières en hors compétition”) se font généralement à la salle Debussy située au Palais des Festivals elle aussi. 

Les premières au Grand Théâtre Lumière à partir de 19h se font en tenue de soirée obligatoire. Pour les hommes costumes et nœud-papillon, pour les femmes c’est un peu plus libre venez en tenue classe mais évitez tongs et baskets car vous risquez de vous voir refuser l’entrée. La plupart des femmes viennent en robe et talons ou sandales d’été. Mon conseil : évitez les talons trop hauts et surtout sans plateforme, parfois l’attente est très longue et vous en souffrirez (j’en ai fait l’expérience). 

Vous ne foulerez le tapis rouge que pour les premières en soirée, photos et vidéos interdites. Mais ne vous en faites pas, pleins de photographes professionnels vous prendront en photos et ça sera de meilleure qualité que vous avec votre smartphone (par contre la qualité ça se paye, donc il vous faudra récupérer la carte du photographe qui vous a pris.e en photo pour l’avoir en payant). 

En tout sur les 3 jours, nous avons fait 3 premières en sélection officielle. Et nous avons été acceptées à 4 premières (il n’y en a qu’une seule où nous ne sommes pas allée car elle était en même temps que la première du dernier Gaspard Noé au Théâtre Debussy) 

Il a donc été très facile pour nous d’être acceptées pour les premières, même en faisant des demandes en duo. Pas d’inquiétude donc, vous pouvez faire autant de demandes pour les premières que vous voulez, toutes si vous le souhaitez comme ça vous maximisez les chances d’être accepté.e.s aux premières.

Avec ces petites informations vous savez comment fonctionne le festival dans les grandes lignes, au moins en temps de crise sanitaire !

Image de couverture : Vue sur la plage et sur les chapiteaux du festival depuis la Croisette – crédit : L’Ecran

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