Critique (2)

Chit-chat avec Yoann Sover : “Je pense que c’est aussi une façon de jouer, une façon d’être qui fait ta voix.”

Dans le cadre du TGS 2025, nous avons eu l’occasion de rencontrer le comédien Yoann Sover. Son immense carrière en matière de doublage (Drew Fuller, Jamie Campbell Bower, Zac Effron…) et ses interactions chaleureuses et pédagogiques avec le public font de lui un artiste qui compte et qui a marqué de son empreinte la pop culture, notamment celle du petit écran. C’est avec beaucoup d’humour et de légèreté qu’il nous a accordé un peu de son temps entre deux conférences et rencontres avec ses fans. 

Je te suis sur tes réseaux sociaux, et je t’avais demandé au mois de juillet, dans un commentaire, quand est-ce qu’on aurait le plaisir de te voir au TGS ! C’était chouette de voir que tu figurais parmi les invités, cette année ! 

*rires* Ça a été une belle surprise, parce que ça faisait longtemps que je voulais venir dans le sud-ouest, étant donné que ma maman est ici. Elle n’avait jamais vu de convention, et hier elle a vécu sa première journée et elle était aux anges !

J’imagine ! Donc c’est ton premier TGS ? Comment ça s’est passé jusqu’à présent ?

C’est mon premier TGS, ouais ! Ça s’est très très bien passé, c’est énorme ! C’est une grosse convention et souvent on parle du public du nord, parce qu’on va beaucoup là-bas, mais en fait, dans le sud, ils sont tellement chaleureux aussi… C’est hyper beau de voir tous ces gens cosplayés. Hier, il y avait beaucoup beaucoup beaucoup de personnes, mais c’était un vrai bonheur, il n’y avait pas de tension. Ça a été LA super belle journée.

Parce qu’en plus, il y avait la conférence des comédiens de doublage ! Ça s’est bien passé ? 

Ça s’est bien passé, même si, pour moi, il n’y a pas eu assez de temps. Parce qu’on était huit, et pour une demi-heure, on a concrètement juste de quoi prononcer une phrase chacun. Donc, quand y’a des bavards… tu laisses les autres parler ! *Rires* 

On veut des noms ! 

*Rires* On est payés pour ça, pour être bavards ! Non, c’était super cool, mais j’aurais bien aimé une conférence encore plus longue, alors qu’en plus on voulait faire faire du doublage au public. On avait trop peu de temps, parce qu’il y a plein de gens qui voulaient essayer. Ce serait un truc à faire à part entière, en plus, dans la journée. Il y a tellement de choses à faire que c’est impossible de tout faire rentrer. On essaie, mais tout le monde ne peut pas passer en doublage. Mais c’était vraiment tellement riche hier que j’ai halluciné. Je suis rentré et j’ai eu du mal à dormir tant j’étais encore sous l’effet de l’euphorie de la journée. 

Parmi les rôles les plus marquants de la carrière de Yoann Sover : Chris Halliwell, de la série Charmed, interprété par Drew Fuller ©TheWB

Tu as vraiment une carrière impressionnante. Je te suis depuis très longtemps et tu fais partie des voix avec lesquelles ma génération a grandi. 

Tu as commencé par quoi, par exemple ?

Charmed, évidemment ! Quel bilan est-ce que tu tires de ta carrière incroyable et qu’est-ce que tu penses de ton parcours ? 

Avant, je ne voyais pas trop tout ça. Parce que j’ai toujours été très concentré sur ce que je fais dans la journée, ou au moment où je le fais. Donc c’est pour ça que j’ai des gens extraordinaires avec moi, comme mon agent, ou Lucie aujourd’hui et hier, qui m’emmènent, et qui me permettent de rester dans le moment présent tout le temps. Comme ça je profite exactement de ce qui est ici et maintenant. Mais, grâce aux conventions puis aux réseaux, on m’a fait faire un petit rewind, et je me dis “Woah”. En fait, moi j’étais persuadé que je faisais des petits cadeaux, parce que je construis des cadeaux dans ma tête depuis que je suis tout petit. Quand je joue la comédie, je les offre, et puis je disparais. Je n’avais pas compris que je ne disparaissais pas du tout dans la vie des gens. Y’avait peut-être ce syndrome de l’imposteur, je ne sais pas. Et d’un coup, les conventions et les réseaux m’ont montré que ce n’était pas vrai du tout, que j’étais même attendu sur les réseaux ! Ça a pris une ampleur énorme. Je suis très touché de voir qu’il y a une sorte d’effet kiss cool. J’ai créé ces cadeaux avec tellement d’amour et avec des messages, des valeurs invisibles, j’y mettais plein de trucs que ce soit dans les tournages, dans les doublages, dans les émissions… Et je me suis rendu compte que les gens le sentaient ou, en tout cas, qu’inconsciemment, il y avait quelque chose qui nous liait. Je ne savais pas que ça existait. Du coup, quand je l’ai découvert sur les conventions, je te raconte même pas les premières que j’ai faites ! Quand je rentrais chez moi, j’étais en PLS. Tu sais, quand on te dit ce que tu viens de me dire, c’est-à-dire : “Tu as bercé, grâce à ta voix, toute mon enfance”, eh bien j’ai énormément de personnes qui viennent me voir avec leur histoire et leur chemin. C’est leur histoire à travers la mienne, et on s’est rencontrés à un certain moment de leur vie, par exemple quand ils perdaient leurs parents, ou avec d’autres récits qui font que c’est relié à quelque chose. J’ai cette chance-là, d’être relié à des moments forts de leur parcours, et c’est très puissant chaque fois. Alors, on partage ça comme une grande famille, c’est très étrange. Les gens s’ouvrent à moi, même si je ne sais pas si c’est “moi” ou mon personnage et ce que je représente, mais ils sont tout de suite très ouverts. Mais c’est partout, hein ! Que je prenne le métro ou dans la rue à Paris, on m’arrête constamment pour me dire qu’on m’aime. Donc c’est un gros village, c’est trop, trop bizarre. Et j’ai beaucoup de chance. 

C’est vrai qu’on remarque ce phénomène avec, par exemple, la conférence des acteurs de Charmed hier. Même des gens comme Holly Marie Combs — qui font quand même des conventions depuis très longtemps où ils rencontrent leur public — était émue aux larmes ! Et ils sont tous émus, et ils n’arrivent pas à comprendre comment des gens, font communauté ou village, comme tu dis autour d’eux à ce point !

C’est fou en fait. C’est un truc qui se passe, et à un moment il y a de la magie. Ma grand-mère me disait tout le temps ça, c’est marrant : l’âme agit. Et elle disait que c’était ça, la magie : c’est quand l’âme agit. Et je ne m’en rendais pas compte, mais, en fait, quand les gens sont vraiment connectés, ce sont les âmes qui agissent, et c’est fou ! Et ça ne s’arrête jamais, c’est dingue. Après, ça peut être très étrange quand tu n’es qu’un petit homme sur Terre, mais je le prends comme un cadeau. C’est vrai que ça peut être violent tout en étant magnifique. 

La conférence des acteurs de Charmed durant le TGS 2025. ©L’Écran

J’en profite pour faire une parenthèse avec Charmed, puisqu’on a Drew Fuller qui est présent sur la convention. Tu l’avais déjà rencontré, ou pas ? 

Mais pas du tout ! Drew, il m’a écrit plusieurs fois sur Messenger, et c’est trop mignon parce que la première fois j’ai cru que c’était un spam ! *rires* Et j’ai pas répondu. J’étais là : “C’est quoi, ça ?” J’ai demandé à une copine : “Mais tu sais si c’est son vrai profil ?” et elle me répond : “Si, si, c’est son Facebook”. Et je lui ai répondu. On a parlé et échangé un petit peu et il m’a dit : “C’est toi ma voix française, tout le monde me parle de toi !” Et c’est vrai que c’est une série qui a bercé aussi mon enfance, donc je sais très bien ce que c’est et je l’adorais. Quand je suis arrivé dessus j’étais vraiment comme un fou. Et Drew et moi, on a vécu vraiment la même chose. Je me suis renseigné à un moment parce que j’ai fait des contenus sur les réseaux à ce sujet, et ce qui est dingue c’est que je voulais parler du fait que je ne savais pas du tout ce qu’allait être vraiment mon rôle. Personne ne savait sur le plateau en France qui était le personnage de Chris Halliwell. On avançait vraiment à tâtons et c’était très compliqué à faire. Puis, je me suis aperçu que lui non plus ne savait pas qu’il était le fils de Piper, ce n’était pas encore décidé. Il y a eu plein de choses comme ça. Et, en fait, on a vécu le même schéma en France et aux États-Unis, c’est marrant ! J’ai très envie de le rencontrer, juste pour lui dire que j’adore le doubler. Je l’ai refait dans The Rookie et deux-trois trucs, même s’il tourne un peu moins. 

Tu ne l’avais pas doublé dans Army Wives

Ah, mais oui, c’est exact, hé merci ! *Rires* C’est vrai qu’il y a eu quelques années d’Army Wives. Et c’est très étrange parce que quand je l’ai vu arriver, j’ai eu l’impression qu’un pote arrivait. Alors qu’il ne m’a jamais vu pour de vrai et réciproquement, mais je le connais par cœur, c’est très étrange ! Je le vois dans ses yeux, comme je l’ai vu pour Zac Efron, ou Jamie Campbell Bower dans Stranger Things. Quand je les vois dans d’autres films, je repère quand il y a des choses qui ne vont peut-être pas bien dans leur vie. Je sens qu’il y a quelque chose de bizarre. Ça m’avait fait le coup avec Zac Efron pendant deux ans, où je me suis dit : “Oulà, c’est pas normal ce qui se passe, là, c’est pas comme d’habitude.” C’est une connexion très particulière. 

Je te souhaite de rencontrer Drew Fuller en tout cas, et je suis sûre qu’il serait super content ! 

Je pense que je vais lui envoyer un message, d’ailleurs ! Aujourd’hui, normalement, on devrait pouvoir le rencontrer. Je ne veux jamais pousser ce genre de choses, mais en même temps j’avais bien passé la journée avec Jamie Campbell Bower une fois, alors why not pour Drew ! Ce serait trop cool, j’aimerais bien le mettre sur les réseaux, tout le monde m’en parle ! 

Zac Efron, dans le rôle de Troy Bolton en 2006 (Highschool Musical) ©WaltDisneyTelevision

Mais c’est extraordinaire en vrai, c’est tellement rare ! 

Mais c’est surtout un hasard, je crois. Je ne sais même pas si les agents y ont pensé. Je crois que ça s’est fait un peu en mode : “Oups ! Ah bah en fait, Yoann il double Drew Fuller”. Rien n’était prévu, donc c’est assez rigolo. 

En doublant tous ces personnages emblématiques, mine de rien, tu es rentré toi aussi dans l’héritage de la pop culture, qui est célébrée dans des conventions comme celle du TGS. Est-ce que les gens te parlent de ton grain de voix singulier et de ton identité vocale ? On te reconnaît à la seconde, je sais toujours quand c’est toi ! 

Ouais, et que je ne pensais pas avoir !

Tu ne t’en rends pas compte ?

Ah pas du tout ! Ça me fait toujours bizarre. Mais tu le vois dès que les gens s’approchent et que tu leur dis bonjour. Effectivement, ils reconnaissent bien, mais moi, je ne me rendais pas compte que mon grain pouvait être particulier. Je pense que c’est aussi une façon de jouer, une façon d’être qui fait ta voix. C’est peut-être un tout, plus que la voix seule en elle-même. 

C’est vrai que tu m’inspires ces acteurs qui ont un grain de voix à la Damien Witecka, par exemple ! Ce sont des timbres très agréables, qui sont en plus ancrés depuis longtemps dans des œuvres qu’on voit tous les jours au cinéma ou à la télévision. 

Oui bien sûr, j’aime beaucoup Damien Witecka. En plus, c’est rigolo parce que les gens au bout d’un moment ils ont commencé à me dire : “Ah tu fais que les beaux gosses !” ce dont je n’avais pas du tout conscience non plus. “Tu fais tous mes crushs d’enfance !” Moi j’suis là : “Ah bon ?” “Ah bah ouais, Jasper de Twilight, High School Musical, Hannah Montana, Charmed”. Ouais, en fait y en a des caisses, c’est vrai. Bon, après, Wolowitz (Howard Wolowitz de Big Bang Theory, ndlr), il est trop mignon aussi, hein. Personne me dit que c’est son crush, mais bon. Je l’aime d’amour. Eh ben lui, je l’ai rencontré dans le cadre d’un casting que j’ai passé pour un film, et c’était lui le réalisateur… et je n’ai jamais osé lui dire que j’étais sa voix française. 

Mais enfin !!

*rires* Je me dis que ça ne va avoir aucun sens si d’un coup je lui dis : “Ouais, I’m your French voiceuh”, il va être là : “Euuuh on passe un casting, là.” Donc, je n’ai pas osé le lui dire. 

Yoann Sover double également Jamie Campbell Bower, vu dans Stranger Things ©Netflix

On a parlé des réseaux sociaux, et je suis assez admirative de ce que tu fais dessus, et de la manière que tu as de tisser des liens avec ton public, la façon que tu as de montrer comment on double, etc. Comment t’est venue l’envie de t’installer comme ça sur les réseaux, de créer et d’entretenir ce lien avec ta communauté ? 

Ben tu as dit la vraie phrase, la clef c’est le lien. Au départ je n’étais vraiment pas réseaux sociaux du tout. Je les ai fuis même quand j’étais sur France 2. Ils ont créé tous leurs réseaux sociaux autour de moi, mais je n’ai pas voulu qu’ils soient à mon nom, je le faisais toujours au nom de KD2A. J’avais très peur de cette sorte d’intrusion dans ta vie. Du coup, j’étais vraiment loin de ça, mon Instagram végétait et je mettais des photos de temps en temps. Et un jour, pendant le Covid j’ai eu vraiment envie de créer. Ça me manquait de jouer, donc j’ai commencé à faire des stories. Ça a super bien marché sur mon Insta, je me suis dit : “Tiens, c’est rigolo” et puis après je me suis calmé. Et un pote m’a dit : ”J’ai une rythmo des Frères Scott. Vas-y, ouvre un TikTok !” Et au début je lui dis : “Non, je ne sais même pas ce que c’est et je n’ai pas envie.” Et finalement j’ai fait une bande rythmo avec une scène, avec une parodie de Charmed où je dis : “Qui a chié dans mon vase ?!” Quand j’y pense, pendant le Covid, on faisait que de la merde… Heureusement que la vidéo n’est pas ressortie, parce que c’est une des premières que j’ai postées sur mon TikTok. Je pense que je me ferais ban’ par la Warner, s’ils voyaient ça. Ce serait tendu parce qu’en plus j’ai vraiment pris la voix de Chris, quoi. Même Drew Fuller s’il voit ça, heureusement qu’il ne comprendrait pas ce qu’il dit. Et la vidéo des Frères Scott a cartonné, genre on a fait des millions et des millions. Du coup mon pote m’a dit : “Il faut que tu fasses des bandes rythmo”. Et je lui ai dit : “Écoute c’est marrant parce que, quand je l’ai fait, ça m’a ramené des années en arrière avec Lucas Scott et je pensais vraiment que personne ne regardait cette série.”

Ah bon ?! Mais… !

Ah oui, non, mais moi j’étais complètement ailleurs ! *rires* Et il me dit : “Mais pas du tout, c’était ma série préférée, avec Charmed !”

Mais si tu sais à la même époque, tu avais Charmed, Les Frères Scott, tu avais la série Un, Dos, Tres, avec une grosse commu’ qui regardait les trois en même temps ! 

Ben ouais, mais je ne m’en rendais pas compte ! Ce qui est très rigolo c’est que du coup j’ai commencé, mon TikTok a décollé en cinq minutes et j’ai été validé avec le truc bleu officiel tout de suite. J’étais là : “Wow, qu’est-ce qui se passe ?” Ils m’ont contacté alors que j’ai cru que c’était un spam… et là, je travaille avec TikTok, pour les représenter sur le contenu cinéma, télé, etc. Et en fait, je me suis rendu compte que non seulement ça me faisait revivre ça, mais qu’en plus je pouvais montrer aux gens ce qu’était le vrai métier. J’adore être chez moi, refaire des bandes rythmo et leur montrer que c’est ça, jouer la comédie, qu’on a le droit de se tromper, qu’on a le droit de pleurer. La première année c’était vraiment que des commentaires comme ça que je recevais, du style : “Oh, mais en fait, tu joues vraiment !” Y’a tout ce rêve qu’on peut avoir sur les comédiens de voix, et, en plus, ça me permet de véhiculer des messages sans en parler. Jouer la comédie me permet à moi, Yoann, de communiquer sur le mois de la femme, le mois des fiertés, les violences à l’école, le harcèlement, Octobre rose… Tous ces rôles que je fais ont tous des liens avec tout ça. Via Desperate Housewives ou dans plein d’autres séries, je peux parler de sujets qui me sont chers et du coup créer des liens avec des gens qui ont eux aussi des vies qui parlent de ça, ou qui ont simplement besoin de s’évader. TikTok et Instagram sont devenus mes espaces de communication. On a créé des liens incroyables tous, et ça me fait bizarre que les gens, partout, veuillent me rencontrer. Ensuite il y a eu les conventions, c’est-à-dire que là ça devient concret, et d’un coup je me suis dit : “Wow, dans quoi j’ai mis les pieds ?” *rires*

Chad Michael Murray, dans Les Frères Scott ©TheWB/TheCW

En même temps tu dégages de telles good vibes, c’est incroyable et ça m’a beaucoup marqué sur tes réseaux sociaux. La gentillesse que tu propages, ta pédagogie, ta volonté de partager… 

Ouais, c’est très important. Puis je me suis rendu compte pendant le Covid qu’on ne voyait que le côté fun de ma personnalité. Et c’était genre : “Woaw, t’es animateur sur France 2, t’es animateur sur Nickelodéon, tu fais ci, tu fais ça, t’as tourné dans ci, dans ça…” Et, en fait je ne racontais pas ma vie à côté. Il y avait un “pourquoi” de tout ça, aussi. J’ai eu envie pendant le Covid d’être un livre ouvert et de me dire : “On n’a rien sans rien.” Et souvent j’entendais : “Ouais, mais toi t’as de la chance.” Et j’étais là : “Mais elle est où ma chance ? Je vais t’expliquer ma vie et y a pas de “chance”, en fait.” Y a du travail, y a des rencontres, et je pense sincèrement qu’à des moments on peut se servir de tout ce qu’on a vécu pour que ça devienne une source d’inspiration pour offrir, donner, connecter, lier. Et c’est ce qui s’est passé. Je me suis mis à faire du contenu aussi pour expliquer que, quand je partais tourner sur Les Vacances de l’Amour ou Julie Lescaut, ou ceci, ou cela, ben voilà, il m’est arrivé telle et telle chose dans ma vie, et que j’étais à un point horrible de mon parcours. Mais, dans le futur il m’est arrivé des choses extraordinaires. Donc je parle du suicide, je parle du harcèlement, je parle de plein de trucs et du fait que ce métier est difficile. C’est vraiment quelque chose que je répète constamment sur mes réseaux : “Prenez des cours et soyez passionnés, parce que, sinon, sans ça, vous ne pourrez jamais y arriver. C’est tellement dur, les gens sont tellement envieux, y a le rejet, l’envie à gérer, mais aussi l’intrusion dans vos vies. Vous êtes objetisé à fond et c’est très dur. Moi, je suis souvent “overwhelmed”, submergé de plein d’émotions, parce que je suis hypersensible, mais, en même temps je m’en sers pour jouer. Mais très souvent, quand tu as des centaines de personnes qui t’attendent, que tout le monde vient vers toi… y a un moment où ton cerveau est obligé de dire : “Attends, deux secondes.” Ça peut être violent pour les autres, mais t’es obligé d’évoluer, et je dis aux gens sur les réseaux : “N’ayez pas peur de faire des erreurs, de communiquer même si ce n’est pas de la bonne façon, de parler.” Et ce qui est dingue c’est que, maintenant, je suis contacté par des associations via les réseaux, qui m’ont par exemple envoyé au Festival de Cannes décerner un prix pour les Femmes, parce que je suis un homme qui parle des femmes et de leur place dans le cinéma et les séries. Et je ne pensais pas du tout que ça prendrait autant d’ampleur, alors que je suis juste à ma place de : “Salut, j’adore ce que je fais”, point. Je ne pensais pas qu’on allait autant me regarder. C’est très étrange, mais génial. 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter, maintenant ? 

Sincèrement, je ne sais pas parce que je suis tellement heureux. Je suis hyper heureux de toujours être aligné avec qui je suis. C’est le seul truc que je ne veux pas perdre. 

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